Près de 200 personnes ont assisté le 18 janvier au Palais sur Vienne (87410) à une conférence débat menée par André CICOLELLA chercheur en santé environnementale, spécialiste de l’évaluation des risques sanitaires l’INERIS (Institut national de l'environnement industriel et des risques), président de la Fondation Sciences citoyennes depuis sa création en 2002 et lanceur d’alertes.

Présent à la commission santé environnement au Grenelle de l’environnement au sein de l’Alliance pour la planète, il pense que ce processus légitime le combat écologique.

 

C’est à travers une présentation détaillée et imagée qu’il nous dresse le tableau de l’état de la santé des êtres humains.

Un constat : Alors que les maladies infectieuses représentent moins de 2% des décès, le nombre de cancers a augmenté de 63% en 20 ans et 35% serait dû à notre environnement. Personne n’est oublié. Jeunes, riches, célèbres, habitant d’un pays développé ou non, nous sommes tous touchés de diverses façons.

 

Quelles en sont les causes ? Commençons par les constats

Tout d’abord, notre alimentation : riche en graisse, sel, pesticides ou additifs cancérigènes. Sans compter les produits vantés par les publicités, forts en calories et à faible densité nutritionnelle. Comment ne pas s’étonner que la suralimentation tue plus d’êtres humains que le manque de nourriture ! ! ! !

Nos résidences ne sont pas des remparts aux pollutions : une dose de COV*, d’éther de glycol, de DDT(anti moustique) et de pesticides domestiques. Un savant cocktail qui ne peut être anodin sur notre santé. (*Composé Organique Volatil).

Et que dire de la pollution urbaine qui est responsable de plus de morts que le nombre de tués sur la route .

Les conditions de travail ne sont pas oubliées. Faut-il rappeler que l’amiante a été déclarée cancérigène en 1950 et que ce n’est que depuis 1997 qu’elle est interdite. Autre exemple : les pressing notamment dans les grandes surfaces arrosent généreusement de benzène les salariés, les visiteurs du centre commercial et les habitants proches.

Le défi à relever par l’homme correspond bien aux nouvelles épidémies que sont les maladies provoquées par les dioxines, les métaux lourds, les pesticides présents dans les sols et dans l’air que nous respirons.

Aujourd’hui, ces maladies ont non seulement un coût humain mais aussi un coût social. Le déficit de la sécurité sociale peut ainsi s’expliquer par l’augmentation des prises en charge des affections de longue durée. Pourtant, dans sa convention d’objectifs et de gestion, la sécurité sociale est en déphasage avec la réalité, se souciant uniquement des soins et non pas de la prévention des maladies ou de la recherche des causes.

 
 

Face à ce constat catastrophique, CICOLELLA propose certaines pistes.

  • passer d’une logique de soins à une logique de santé

  • développer l’alimentation BIO

  • lutter contre l’obésité

  • appliquer le principe de polluer payeur

  • appliquer le principe de précaution devant toute nouveauté comme les OGM ou les champs magnétiques,

Ces pistes pourraient être débattues avec la société au cours d’un grenelle de la santé

Ce qu’il faut retenir ( ou : ce que l’on peut retenir) de cette soirée, c’est qu’il est important de faire bouger les institutions, les entreprises et la société civile sur les conséquences de nos modes de production et de consommation actuels. Les scientifiques, associations et syndicats ont ainsi un rôle majeur à jouer en matière de veille et d’alerte sanitaire.

 
               
D'André CICOLELLA: "Le défi des épidémies modernes"

« Dans ce petit livre très dense, l'auteur tire la sonnette d'alarme sur les épidémies de maladies chroniques qui font rage. [...] Très largement évitables, elles sont, sans mystère, la conséquence de notre mode de vie et de notre environnement. Selon l'OMS, elles sont pourtant responsables de 86% des décès et représentent 77% des cas de maladies en Europe. Elles sont au passage de la cause majeure de la crise de nos systèmes de santé.André Cicolella refuse de penser que "le trou de la Sécu" passe par la logique individualiste d'assurances privées. Pour éviter le pire et instaurer une véritable démocratie sanitaire en France, il livre des pistes bien étayées et les arguments chiffrés pour les défendre. Édifiant. »

 
 
 
©BNE 2008

La Suite en 2013 avec André